Récit d'une pratique Séjour & Plongée
Par Mathilde Olivares - Mars 2025
La rencontre
En 2017, je suis entrée pour la première fois de ma vie dans un établissement médico-social, la Maison d’Accueil Spécialisée Maud Mannoni, à Montpon-Ménestérol.
Ce jour-là, un rideau s’est levé. Une rencontre a eu lieu entre une réalité dont j'ignorais l’existence et ma pratique de la danse. Elle a fait naître un projet chorégraphique que je n'aurais pas imaginé pouvoir, ni même vouloir, concevoir.
Les M.A.S sont des lieux clos, peu traversés. Elles accueillent des personnes très dépendantes en situation de polyhandicap physique, mental, psychique, au parcours très divers. Il est rare d’y entrer sans raison, les MAS ne sont pas des lieux qu’on visite.
À peine passée la porte vitrée, fermée à clé, qui sépare "la vie des normaux" de celles et ceux qui habitent ici, je me suis violemment interrogée : “Mais qu’est-ce que je fous là ?”. Et cette phrase résonne depuis. Concrètement je n’avais vraiment rien à faire là, ni famille, ni travail, ni projet.
Magali Larroque, la psychologue de l’établissement, me conduisait dans cette visite. Je l’avais rencontrée par l’intermédiaire d’Edmond Carrère, qui réalisait alors le film À l’infini, un documentaire sur le travail des soignant·e·s de cette MAS.
De fil en aiguille je m’étais trouvée là, saisie par des sons étranges, des voix qui parlaient sans mots, par la vue de corps déformés, par l’odeur diffuse d’organes fragiles sous assistance. J’étais mal à l’aise et craintive, incapable de répondre aux mains qui semblaient vouloir m’agripper dans le couloir que nous traversions.
J’ai décidé de m’asseoir seule dans l’espace collectif, de regarder, d’écouter. Il me fallait un temps pour me synchroniser avec ce lieu auquel je ne comprenais rien. Peut-être qu’alors je pourrais poursuivre cette visite plus sereinement, rencontrer les résident·e·s qui déjà venaient à moi et m’invitaient à les suivre.
Accepter que je n’avais rien d’autre à faire qu’être là, moi-même en errance, dans ces couloirs labyrinthiques avec tous ces inconnus était étrange. Être présente était ma contenance, un pas grand chose qui tranchait avec l’activité soutenue des soignant·e·s qui dans ces lieux travaillent à fond et enchaînent des tâches sans discontinuer, marchant à toute vitesse et déterminé·e·s d'un espace à un autre.
Au fond, cette absence de fonction, cette simple présence, ces rencontres sans parole, cette lenteur, et ces déplacements insensés, m'étaient très familiers.
C’était comme les prémices d’une danse. Ce jour-là, j’ai fait une improvisation si minimaliste que personne ne l’a sans doute remarqué, sauf les quelques résident·e·s avec lesquels j’ai finalement eu des échanges intenses, délicats, sans mots, au détour d’un couloir ou d’un réfectoire vide. Un rien résonnait ici de toute sa force, ça répondait à un besoin réciproque, à une réalité. Pour moi, c’était le commencement de quelque chose.
Les résidences Séjour & Plongée
Cette première expérience contenait en germe ce que serait Séjour & Plongée, les résidences de création en institution médico-sociales que j’ai imaginées dans la foulée et que nous menons depuis, en équipe, dans un élan collectif qui fait de chacun·e de nous des auteur·e·s de ce travail*.
Maintenant familiers des MAS, des EAM, des foyers d’hébergement, ou encore des ESAT, nous ne cessons de chercher l’étonnement par les rencontres que génère ce projet en constante évolution. Je le vois comme un labyrinthe du continu, titres que j’ai donné à l’une des expérimentations que nous avons menées aux alentours de Séjour & Plongée, et à laquelle un fragment vidéo est destiné.
Nous partons d’un rien, comme en quête perpétuelle de cette béance qui ouvre des possibles pour écrire des danses, des sons, des environnements plastiques aussi singuliers que les rencontres que nous faisons dans ces lieux où l’étrangeté nous tient compagnie.
Dans Séjour & Plongée, pas d’apprenant·e·s, pas d’enseignant·e·s, pas de sensibilisation, mais des rencontres potentielles, dans un cadre qui a précisément pour fonction de maintenir ouverte la possibilité de leurs surgissements, parfois immédiates et parfois très lentes.
Nous nous invitons dans des quotidiens, nous n’avons ni espace dédié, ni temps compté pour nous déployer. Nous sommes là, de jour et parfois de nuit. Nous allons là où a priori nous n’avons rien à faire : les activités institutionnelles, randonnées, piscine, séances de psychomotricité ou de gym.
Nous élaborons in situ une expérience qui se déroule pour elle-même et se déplie du dedans. La mise en scène, la dramaturgie et nos vocabulaires s’écrivent en composition instantanée, à l’échelle de plusieurs jours, et même de plusieurs mois, puisque les résidences Séjour, puis les résidences Plongée, sont conçues comme deux périodes distinctes d’un seul et même projet qui s’étale dans le temps. Plongée étant la prolongation de rencontres particulièrement marquantes que nous aurions faites lors de nos Séjours au cœur des établissements, et qui nous embarque dans des lieux cette fois dédiés à la création.
Nous sommes une équipe nombreuse, nous arrivons en général progressivement pour finir au complet, entre 8 et 10 selon la taille du lieu de vie. J’ai toujours pensé qu’à plusieurs nous serions plus à même de répondre aux enjeux du projet.
Car nous intervenons souvent en contrepoint du rythme quotidien bien que nous fondant dans la vie du lieu. Et la dynamique que produit l'hétérogénéité travaille à revers des routines. A plusieurs, nous apparaissons moins fous, nous sommes les appuis les uns des unes et nos présences multiplient les surfaces de rencontres. La danse, la musique, les propositions plastiques et la présence du réalisateur sont autant de points de contacts. Des affinités se créent individuellement mais aussi collectivement. Car ce collectif éphémère est un lieu d’accueil mobile, qui circule et articule des territoires.
Comme l’a formulé Patricia Peyraud, résidente de l’EAM de Saint-Lys, nous sommes “la famille qui danse”. Une grande famille, dont la psychologue, Marielle Faz et l’éducateur Thomas Jeauneau font partie : leurs fonctions ne se devinent plus depuis notre Séjour dans leur établissement, tant ils sont engagés dans ce projet à travers leurs propres corps et au-delà de leur profession. Ils dansent beaucoup. Nous travaillons avec nos savoirs-faires intégrés, artistiques, humains voire politiques, mais dans ce projet nos divers outils orbitent autour des rencontres. Aucune technique particulière n’est mobilisée, mais nous mobilisons celles dont nous avons besoin, le plus souvent spontanément.
Ainsi les “pratiques somatiques” par exemple, qui sont souvent des appuis (précieux d’ailleurs) pour ce type de contextes et de projets, ne travaillent jamais frontalement. J’ai toujours imaginé ce travail comme un terrain de jeu poétique sans délimitation formelle et sans interfaces préméditées. Car même si c’est impossible, il s’agit de tendre à ce que nos humanités restent la première surface de nos rencontres, qu’elles s'exercent dans nos pratiques artistiques et les bousculent.
La construction des résidences repose sur une circulation vivante entre le réel, l’expérience du lieu et des rencontres, et une réflexivité collective produite par l’équipe artistique, mais aussi par les équipes soignantes, et les résident·e·s à leur manière.
Séjour & Plongée est avant tout une longue pratique qui se cherche, qui ne cesse d’évoluer, de se ramifier, et qui convoque dans le chaos nos outils d’improvisateur·trice·s.
Langage, paysage et poésie
Le noyau poétique que nous cherchons à préserver est fragile, poreux aux entours des moments d’improvisations et de l’ambiance globale. Nous devons soigner le cadre, les liens, les entres, l’ambiance, sans quoi ce que nous proposons n’arrive pas à exister.
Quand la parole est impossible, le signifiant doit se frayer un chemin et c’est le corps qui parle. Ça peut être très discret. Le langage infra-verbal est alors un langage comme un autre, aussi déglingué soit-il, sans syntaxe, hors norme, sans codes, insensé. La danse que nous déployons ici raconte ce langage car elle en émane, elle en est le moyen et la fin.
Bien que depuis notre première expérience en MAS nous ayons travaillé dans d’autres établissements où la parole tient une place plus importante, la relation infra-verbale est restée notre langage principal. Nous discutons beaucoup avec les soignant·e·s et parfois avec les résident·e·s bien sûr, mais nous n'introduisons quasiment jamais nos improvisations par ce biais. Étonnamment, cela semble tout à fait normal dans ces lieux. C’est de cette façon que lorsque nous avons rencontré Istvan Arany, Raphaël Hernandez, David Rousse, Laëtitia Gianino, Patricia Payrau, Daniel Jung, Alexandra Renaud, Laurent Perez et bien d’autres, ils et elles nous ont vu danser et sont venus danser. Sans explications et sans prévention. Au beau milieu d’une cour, d’un réfectoire, d’une randonnée.
Il y a une logique propre au langage de la danse qui rejoint celle des fous. Et ici, ce langage du corps est central, il est celui que nous avons choisi pour entrer en relation, et parfois l’un des seuls possible. Aussi, lorsque la parole arrive, nous la goûtons, nous prenons le temps d’écouter, il y a là aussi de la poésie et un enjeu de présence. La rencontre avec Monique Lancry, passionnée de danse, a par exemple donné une orientation différente à notre travail. Et je suis certaine que pour nos prochains Séjour, dont l’un est prévu en psychiatrie, cette questions du langage sera encore mise à l'épreuve et produira un déplacement.
Tout cela demande du temps et de l’espace, souvent obturé par une angoisse du silence. Nous devons donc faire du temps et de l’espace, et goûter au silence. Là où il y a un manque, nous n’allons pas toujours combler le vide mais plutôt tenter de découvrir à quoi il ressemble. Il s’agit d’entrer dans le paysage de ces personnes pour que quelque chose affleure, depuis un rien, car il ne s’en faut que d’un fil pour la poésie. Et dérouler ce fil c’est tenter de faire exister une continuité avec des personnes souvent fragmentées, dans un quotidien explosé par une absence d’ici et de là.
Notre travail consiste ainsi avant tout à chercher les fissures, les béances, pour laisser ouverte la possibilité d’une rencontre créative, pour que quelques danses, musiques, sons, objets plastiques, dont nous n’avions pas encore l’idée puissent exister, être vus, sentis, regardés, partagés ; et au-delà de nos productions, des moments, vécus collectivement, sentis collectivement mais hétérogènes.
Renverser le rapport d’adaptabilité
Séjour & Plongée travaille à inverser le rapport d’adaptabilité de nos pratiques artistiques pour ces lieux de vie et les personnes que nous rencontrons. Le présupposé est simple : la réciprocité. Ce projet s’adresse ainsi aux résident·e·s bien sûr, mais aussi aux équipes soignantes, et à nous-même.
Ça nous fait souvent du bien d’être dans ces lieux ! Malgré leur rudesse, ils nous renvoient à notre folie, et désarment. Là-bas on peut sentir le temps passer, la question de l’improductivité y est irréductible, et les liens sont des questions de vie ou de mort.
Alors, le handicap, en soi, n’a jamais été posé en dehors de ces problématiques précédemment évoquées. Je n’ai jamais pu identifier notre activité sous la catégorie de danse & handicap par exemple. Sans coquetterie, cette expression abstraite ne me semble pas désigner ce que nous vivons. Tout comme les idées d’inclusions ou d’accès à la culture, trop intriquées quelles sont à l’appareil idéologique de la société discriminatoire qui les produit, bien loin des personnes à inclure.
Et d’ailleurs, pourquoi ne devrions-nous pas nous inclure, nous, normopathes ? nous intéresser vraiment, nous déplacer aussi. Et nos pratiques artistiques avec ?
Tout cela soulève des questions qui nous dépassent. Elles traversent notre travail car elles posent des problèmes très concrets. Sans prétendre y répondre, nous travaillons avec, nous nous y confrontons, nous tentons d’y apporter des éléments de compréhension, un raisonnement, de nous débrouiller et surtout de rester vivant, de maintenir le cap. C’est complexe, fatiguant, et c’est précaire. Nous nous dévoilons dans nos tentatives, nos difficultés, nos limites.
Comme le dit Babouillec “les questions sans réponses bombardent le quotidien, on le sait, tout le monde le sait, mais y croire, ça nous dépasse. Le plupart des humains ne croient pas ce qu’ils voient, alors là, forcément, c’est raté".
Tenter de comprendre, les coordonnées institutionnelles, le réel des lieux, notre pratique dans ce contexte, est le préalable invisible de ce projet pour se maintenir dans l’ouvert. Car les obstructions sont nombreuses et de plusieurs natures, elles se manifestent de différentes manières. Nous devons soit les contourner, tenter de les dépasser, soit les affronter. La lutte est partie intégrante de ce travail. Une lutte pour ne pas oublier pourquoi on est là et comment nous désirons l’être, cernés par les boursouflures organisationnelles, les protocoles, les logiques de rentabilité et administratives. L’image du pratico-inerte, cette notion si parlante de Sartre, désigne bien ce qui s’oppose à maintenir vivants des liens contre la mort et la disparition.
L’institution
Avec ce projet, l’absence de fonction institutionnelle et l’indépendance des artistes vis-à-vis d’elle ne cesse jamais d’être un enjeu à questionner. Cela renvoie doublement à ce qui m'apparaît comme pertinent pour ce projet, et à mon propre besoin de suspendre un peu les contraintes qui pèsent sur la danse contemporaine, institutionnalisée, sur les artistes qui la pratiquent et les formes qui en émergent.
J’ai compris très rapidement qu’il me faudrait défendre continuellement cette idée pour préserver le noyau poétique de ma démarche. Car de fait, elle entre en contradiction structurelle avec les dynamiques institutionnelles du médico-social et de la culture. Du point de vue organisationnel bien sûr (rigidité du quotidien, intérêts antagonistes entre la travail de soignant·e·s ou artistes et le besoin des résident·e·s du fait des moyens insuffisants, incompatibilité des plannings des cies, des établissements culturel et médico-sociaux, droits à l’image, habitudes en médiation culturelle du secteur culturel, etc.) mais plus largement du point de vue idéologique.
La psychothérapie institutionnelle
La rencontre avec le champ de la psychothérapie institutionnelle est venue éclairer et approfondir cette foule d’interrogation. Sans prétendre comprendre quoi que ce soit de ce qu'elle développe du point de vue purement psychiatrique, cette pensée qui articule une approche sociologique de l'institution et une approche psychanalytique de la maladie mentale résonne avec la manière dont je perçois les choses et comprend les rapports sociaux.
En plus de donner un éclairage sur la dynamique institutionnelle en psychiatrie, et par extension dans le secteur du médico-social, elle est venue nourrir une tentative de compréhension de l'institution culturelle dans laquelle j’évolue. Car bien évidemment, l'institution qu'elle soit psychiatrique, culturelle, pénitentiaire, scolaire, etc., doit se comprendre comme l’outil et le prolongement de rapports de production et de rapports sociaux, traversée par autant de contradictions que dans l'ensemble de la société, et inscrite dans un processus historique global.
François Tosquelles disait de la psychothérapie institutionnelle qu’elle doit marcher sur deux jambes : Karl Marx et Sigmund Freud. Pour penser les deux types d'aliénations, l’aliénation sociale et l’aliénation psychopathologique. Lorsqu’on entre dans ces institutions, il ne faut pas longtemps pour comprendre que l’une aggrave concrètement l’autre, et dans certains cas la produit. Dans tous les cas, là ou ailleurs, elles se distinguent mais sont interdépendantes.
Par ailleurs, l'orientation psychanalytique de ce courant est une digue contre la liquidation de l’inconscient et par là du sujet, non seulement dans la prise en charge des personnes accompagnées, dont l’existence tend à disparaître sous la masse de symptômes qui les caractérisent, mais plus largement de tous et toutes, envisagé·e·s comme une somme de particularités, dans une frénésie identitaire.
J’assume avoir une conception bien plus chaotique et opaque du sujet, mais aussi de la création artistique. L’inconscient est l’un des moteurs de la créativité. Sans désir, la danse devient, comme le sujet réifié, une succession de formes dont les forces sont neutralisées et inhibées.
Des textes de François Tosquelles à ceux de Jean Oury, des pratiques de la clinique Saint Alban à celles de La Borde, ce courant est d’une vitalité bouleversante, aussi bien d’un point de vue théorique que poétique d’ailleurs. J’ai emprunté à la psychothérapie institutionnelle les notions entre autres d’ambiance, de faire avec, de travail informel, d’imprévu, de musement. Elles me tiennent compagnie, où que je sois à présent.
Danse et vidéo
Les enjeux du travail chorégraphique que nous menons, avec tout ce qui a été évoqué plus haut, forment une continuité entre Séjour & Plongée et Les 64 Fragments vidéos (dénombré en l’état le 5 mars 2025). Car bien qu’il s’agisse d’une forme cinématographique, impliquant un tout autre travail d’écriture que les résidences elles-mêmes, l’interdépendance de la vidéo et de la danse est au cœur de notre pratique depuis son commencement.
D’abord, avant même que ce travail filmique se traduise en forme filmique, en images montées et diffusées, ce que la vidéo nous offre c’est le regard. Edmond Carrère regarde et chacun.e le sent. Il est un protagoniste central des histoires que nous inventons au fil de nos journées, en faisant exister ce qui aurait pu tomber à l’eau si un témoin ne lui avait pas donné de la valeur. C’est de la patience, de la persévérance et beaucoup de créativité. La composition en temps réel d’une présence tendue vers l'œilleton de sa caméra.
Et puis bien sûr il y a la trace de cette composition, qui fait mémoire, histoire, récit de nos danses qui dans ce contexte ne se répètent pas et sont absolument éphémères. Ces traces recouvrent plusieurs enjeux, esthétiques et sociaux. Du point de vue de celles et ceux qui ont l’habitude d'œuvrer dans le quotidien de ces lieux de vie, au plus près des résident·e·s, il y a une évidence, une urgence même. Nous devons non seulement montrer ces lieux clos et mis à l’écart, mais plus encore, nous devons dire la richesse de ceux et celles qui s’y trouvent, pour entrevoir ce que ces mondes maintenus hors du nôtre disent de nous-mêmes.
Contrairement à la situation théâtrale, le cinéma permet d’accéder à la moindre des choses. Nous pouvons être au plus près de la peau, du souffle, des expressions du visage, accéder à d’infimes détails qui dessinent à nos yeux, Edmond Carrère et moi, une écriture chorégraphique du réel. C’est délicat, la danse est dévoilée au plus près d’elle-même, à la lisière du visible et de ses représentations.
Les fragments sont ces moments de béances répétés et amplifiées dont nous sommes en quête. L’histoire de rencontres sans paroles qui font récits, des récits d’un autre genre, plus signifiant que narratif sans doute, qui racontent ce qui est rarement montré, peut-être parce que peu s’y attardent assez longtemps et osent passer de l’autre côté du miroir.
